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Marcel Duchamp...Rrose Sélavy
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| Ath3na |
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PostPosted: Wed 30 Apr 2008 - 16:22    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

En espagnol j'adore Laughing
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Ferme les yeux et tu verras, le monde t'appartiendra
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Lolita
Les Crazys

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PostPosted: Wed 30 Apr 2008 - 17:32    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

Rose est la vie bravo
ou rosse est la vie!
ou rosé l'avis..
ou rosée la vis ... pardon
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perlimpimpim
Les Crazys

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PostPosted: Tue 3 Jun 2008 - 17:07    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

il y a seulement quelques mots sur Duchamp dans cet article sur l'art et le sacré mais il est vraiment intéressant:
http://www.telerama.fr/scenes/si-le-sacre-n-existe-plus-l-art-peut-il-le-re…


Si le sacré n'existe plus, l'art peut-il le réinventer ?
Le 31 mai 2008 à 16h00


LE FIL ARTS ET SCèNES - L'Occident croit de moins en moins en Dieu et au surnaturel. Pourtant, les œuvres d'art et le respect qu'elles continuent d'inspirer redessinent aujourd'hui la carte du sacré. Ebauche de réflexion à partir des fils tendus de l’artiste américain Fred Sandback et de l’expo du centre Pompidou. Entre autres.


Les salles du Dia Center for the Arts de New York étaient ce jour de 1997 pratiquement vides. Seuls quelques fils de laine acrylique peints avaient été tendus entre les murs et le plafond, entre les murs et le sol, entre le plafond et le sol. On n'en voyait pas les attaches. Ils paraissaient sortir des parois comme du ventre d'une araignée pour dessiner des formes géométriques simples : rectangle, trapèze, carré, etc. Au milieu de l'une des salles, deux fils tombant du plafond et entrant dans le sol délimitaient un vide rectangulaire. Entre ces deux fils il n'y avait donc absolument rien, mais ce rien fonctionnait pourtant comme une sorte de mur invisible qu'aucun visiteur ne traversait. Ainsi, de pièce en pièce, l'artiste américain Fred Sandback avait-il conçu des cloisons infranchissables et des volumes tout aussi virtuels dans lesquels nul ne pénétrait.

Il est difficile d'expliquer l'impact de ces œuvres sur le public, le respect et le silence qu'elles suscitaient. Sandback lui-même voulait que ce qu'il montre, « en raison de sa na­ture, résiste à l'explication verbale ». A chaque exposition, il s'imprégnait du lieu et, sans savoir où cela le mènerait, il commençait à tendre ses fils, à créer des surfaces et des volumes imaginaires, « sans entrailles », disait-il, vides. Et chaque fois les visiteurs s'arrêtaient, contournaient, observaient une sorte de règle implicite – tu ne pénétreras point – comme si les lieux et les plans définis par les fils colorés avaient été sanctuarisés, entraînant le public profane dans une attitude révérencieuse face à l'objet sacré. L'art dit parfois des choses que la raison ignore.

Ou bien la raison déraisonne, le lieu l'impressionne et l'émotion qu'éprouve le public n'est que le produit d'une illusion. Autrement dit : est-il bien question de sacré dans l'œuvre de Sandback ? Si l'on s'en tient à la définition du dictionnaire, pas vraiment, ou alors à moitié, car s'il définit bien un domaine interdit et inviolable, le sentiment de révérence dont il fait l'objet n'est pas religieux. Mais le sens des mots évolue avec la société. Le monde occidental, écrivait au début du XXe siècle le sociologue allemand Max Weber, entraîné dans un processus de rationalisation, ne croit plus à la magie et croit de moins en moins dans l'action de Dieu sur Terre. C'est ce qu'il appela « le désenchantement du monde » (d'une petite partie du monde, précisera Régis Debray dans Le Feu sacré), formule reprise au milieu des années 80 par le philosophe français Marcel Gauchet (1). Il faut donc tenter, dans une société désacralisée, de redéfinir le sacré – si toutefois cette notion demeure pertinente.

Pour Marcel Gauchet, c'est « un lieu de rencontre entre le surnaturel et le naturel », indépendant de la religion au sens strict avec son système de dogme, de culte, de rite. Que cette dernière disparaisse n'empêchera pas le sacré de demeurer, dit-il – ou du moins quelque chose qui lui ressemble. Pour l'anthropologue René Girard, « c'est tout ce qui maîtrise l'homme d'autant plus sûrement que l'homme se croit plus capable de le maîtriser », et pour son confrère David Le Breton, « le sentiment du sacré marque l'éminence de la valeur associée à un objet, à un événement, à un être, à une action pour un individu ou une communauté ». La notion de sacré aujourd'hui, on l'aura compris, est un sacré problème.

Dans une société désenchantée, on peut donc se demander – comme le fait le centre Pompidou d'une manière brouillonne, en inventant une auberge espagnole abritant les oeuvres de deux cents artistes, de Goya à Maurizio Cattelan - ce qu'est devenu un art qui peut apparaître orphelin, livré à lui-même sans les mythes et les croyances qui toujours l'ont soutenu - certains ont même un temps prédit sa mort. Un art, il faut le rappeler, qui ne fut pas toujours sacré et se limita, dans le christianisme primitif, à une fonction d'illustration. L'image ne devient en effet une médiation sacrée et vénérée qu'autour des VIe-VIIe siècles dans l'Empire byzantin, précise Olivier Boulnois (2). Jusqu'alors sujette à la méfiance et à la critique (on l'associe au paganisme alors dominant), elle fait peu à peu l'objet d'un vaste débat : « Le sacré est-il inaccessible hors de l'instant de la célébration sacramentelle, ou bien peut-il rester présent de manière durable ? Reste-t-il à jamais invi­sible, ou bien est-il accessible par des médiations matérielles ?, etc. » Aujourd'hui l'œuvre d'art occidentale, détachée de la religion, n'est plus un objet sacré, bien sûr, mais peut-être en conserve-t-elle une trace, une part de mystère – pourquoi les visiteurs ne passaientils pas entre les fils tendus par Sandback ?

En ce cas, où se situe cette trace ? Si Sandback avait tendu ses fils dans un supermarché sans préciser qu'il s'agissait d'une œuvre d'art, auraient-ils créé des espaces et des plans inviolables ? On peut en douter. La démonstration en a été faite par Marcel Duchamp : l'urinoir, simple objet utilitaire, est sacralisé par sa présence dans un musée, et toute tentative de nier ce statut en l'agressant est une profanation. Ainsi Pierre Pinoncelli, qui pissa d'abord dedans en 1993 à Nîmes, avant de l'ébrécher à Paris en 2006, ne fit-il pas, contrairement à ce qu'il croyait, un acte dadaïste (dada critiqua, se moqua, mais ne saccagea pas), mais un acte sacrilège et iconoclaste. Le musée fait aujourd'hui office de temple et assure à l'objet qu'il conserve un minimum de sacré, obéissant même à la définition que l'ethnologue Maurice Godelier donne du mot : « Est sacré ce que l'on ne peut ni vendre ni donner. » Dans la galerie, il est une marchandise, et l'on comprend pourquoi le marché de l'art a tant besoin de l'institution muséale pour offrir à ce qu'elle vend une valeur ajoutée, une sorte de supplément d'âme.

Mais que le musée sacralise a minima n'implique pas que toutes les œuvres qu'il expose « résistent à l'explication verbale ». Certaines possèdent une part mystérieuse, d'autres pas. Devant les premières, « on n'y voit rien », disait l'historien d'art Daniel Arasse. Il y a en elles du visible et de l'invisible, du racontable et de l'ineffable. Ainsi, au IVe siècle, et bien que l'image soit encore didactique, l'un des pères de l'Eglise grecque, saint Basile le Grand, achevait son sermon sur un martyr par : « Levez-vous à présent devant moi, vous les peintres des mérites des saints. Complétez par votre art cette image incomplète de chef d'armée. Eclairez par votre sagesse l'image indistincte que j'ai tracée du martyr couronné » (3). On retrouve cet invisible de l'art théorisé par les lettrés chinois sous la forme du souffle-énergie. A la question de l'apprenti : « Qu'entendez-vous par ressemblance et qu'entendez-vous par vérité ? », Jing Hao, au Xe siècle, répond : « La ressemblance, c'est atteindre la forme et laisser échapper le souffle-énergie ; la vérité, c'est quand le souffle-énergie et la matérialité sont également florissants. » En revanche, quand le souffle-énergie est perdu, « c'est la mort de l'image » (4). Il y a beaucoup d'images mortes dans nos musées.

Mais l'invisible, l'ineffable, cette forme de sacré propre à l'art, que peut-on faire d'autre que de tourner autour et d'en donner un sentiment ?



L'immense peintre expressionniste abstrait américain Mark Rothko (1903-1970) appelait la relation qui peut s'établir entre une image vivante et un spectateur « le véritable mariage de l'esprit ». La philosophe Baldine Saint Girons parle, elle, de « l'acte esthétique » que ferait le spectateur en acceptant, par un effort d'abandon, de « s'exposer à l'action continuée de l'œuvre », au risque de se perdre dans l'altérité (5). Encore faut-il pouvoir s'abandonner, être sensible à ce que Marcel Gauchet appelle le surnaturel, à ce que le philosophe Paul Diel nommait le sentiment religieux et qu'il définissait comme notre « capacité d'émerveillement devant le mystère ». Croire à un au-delà de l'image, en sa poésie, n'est plus vraiment de mise dans notre société qui, en nous saturant d'illustrations, en nous transformant en consommateurs, invente une forme inédite d'iconoclastie. Et la culture suit : beaucoup d'oeuvres contemporaines exposées, multipliant les écrans, les images, les objets, critiquent, discourent et, refusant toute transcendance, suivent l'aphorisme lancé par les minimalistes américains dans les années 60 : il n'y a rien d'autre que ce qu'il y a là, devant vous. Ne cachant rien, lisibles et évidentes, elles parlent au plus grand nombre.

Mais l'art, contrairement à la poli­tique, ne s'adresse pas à la masse mais à chacun d'entre nous. Or la sensibilité est une affaire intime. Certains apprécient le discours, d'autres aiment le mystère. Certains se contentent de la caution du musée, d'autres pas. Ce qui est sacré pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre. Sur un même objet, le sens diffère. Prenons un simple bout de pain : c'est une chose utile qui ne signifie rien. Précisons que ce pain est un pain de marque, rare et cher : il signifiera alors une certaine façon de vivre. Qu'un prêtre catholique le présente aux fidèles et dise : « Ceci est mon corps », et il devient un objet sacré.

Parfois même, un objet sacré peut être désacralisé puis resacralisé autrement dans une autre société – les musées d'arts premiers en sont remplis. Qu'est-ce qu'une statuette votive, un masque ou une figure d'ancêtre pour nous ? Une marchandise dans une galerie, un objet d'art dans un musée, un sujet d'étude pour l'ethnologue, une pièce décorative ou de collection chez un amateur, tout sauf ce qui présida à son existence. Le sentiment du sacré, écrit encore David Le Breton (6), « repose tout entier sur la souveraineté de l'individu ou du groupe, seuls aptes à décider des moments forts où l'existence individuelle ou collective donne le meilleur d'elle-même ». Autrement dit : si le sacré n'existe pas, l'homme a la capacité (et le besoin) de l'inventer, à son image, bien sûr, avec ses valeurs ou ses absences de valeurs. Malgré la science, la rationalisation du monde, les religions, que sais-je encore ?, les technologies, le mystère du vivant demeure et, souhaitons-le, demeurera sans doute toujours.





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Olivier Cena
Télérama n° 3046


(1) Le Désenchantement du monde, de Marcel Gauchet (éd. Gallimard). Voir aussi le blog : gauchet.blogspot.com

(2) Au-delà de l'image, d'Olivier Boulnois (éd. du Seuil).

(3) Cité dans Icônes et saintes images, de Philippe Sers (éd. Les Belles Lettres).

(4) Cité dans La grande image n'a pas de forme, de François Jullien (éd. du Seuil).

(5) L'Acte esthétique, de Baldine Saint Girons (éd. Klincksieck).

(6) Dans le n° 12 (1995) de la revue Religiologiques (www.religiologiques.uqam.ca).



A VOIR :

"Traces du sacré", jusqu'au 11 août au centre Pompidou, Paris 4e. Tél. : 01-44-78-12-33.
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perlimpimpim
Les Crazys

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PostPosted: Tue 24 Jun 2008 - 16:25    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote



la couverture des inrocks de juin 2008 fait référence à la joconde moustachue de Duchamp, "LHOOQ", et à celle de Dali pour la forme des moustache et le regard d'illuminé:







à propos de la Joconde revue et corrigée de Duchamp, je suis tombée sur cette analyse:
http://imagesanalyses.univ-paris1.fr/joconde-jusqu-cent-37.html

et plus largement sur les oeuvres "dérivées" de la joconde:
http://filiation.ens-lsh.fr/iconoclasme/jocondoclasme_1.html

enfin, par hasard, je suis tombée sur une oeuvre de Robert Filliou, cité dans les remerciements d'Ersatz: La Joconde est dans les escaliers:
http://filiation.ens-lsh.fr/iconoclasme/filliou.html

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lorelei
Les Crazys

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PostPosted: Tue 24 Jun 2008 - 16:50    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

rooo toujours ses fils qui s'enchevêtrent et se regroupent .... Okay
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raclure for rêveur
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Je reste allongé sur tes sables
mouvants pouvant parfois m'aider
à devenir ton homme slave
à verve morte dilatée.... Julien Doré
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1967
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PostPosted: Tue 24 Jun 2008 - 19:00    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

Merci Perlimpimpin pour ces recherches passionnantes! bravo bravo bravo

La Joconce-Dali en Avida Dollars (l'anagramme trouvé par André Breton pour son compère), c'est de qui?

Super site sur les actions Jocondoclastes! On y trouve à la fin:



Dernière étape avant le stade ultime de l'iconoclasme, à savoir la disparition complète de l'image, un ready-made de Daniel Spoerri met en oeuvre cette proposition de Duchamp "Utiliser un Rembrandt comme planche à repasser" en l'appliquant au fameux portrait. La boucle est en quelque sorte bouclée : le "chef-d'oeuvre" de Léonard n'est plus qu'un objet utilitaire pour ménagères.

Plus extrème encore sera le ready-made de Filliou La Joconde est dans les escaliers, présenté dans notre exposition. Mais quoi qu'il en soit, la dame florentine tient bon, et continue à sourire derrière sa vitre ; peut-être, comme le suggère Malraux, parce que "ceux qui lui ont posé des moustaches sont morts"?

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perlimpimpim
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PostPosted: Wed 25 Jun 2008 - 10:54    Post subject: Marcel Duchamp...Rrose Sélavy Reply with quote

1967 wrote:
La Joconce-Dali en Avida Dollars (l'anagramme trouvé par André Breton pour son compère), c'est de qui?



C'est une oeuvre de Dali lui-même, "Autoportrait en Mona Lisa" qui date de 1954, d'aprés Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Salvador_Dalí
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